Jean-Marc Tanguy

Comment et pourquoi on est tellement mieux à 5…

Publié dans Le monde politique

Jean-Marc Tanguy
Conseiller municipal d’opposition à la mairie de Quimper.
Délégué de la Première circonscription PS du Finistère
Membre de la commission nationale handicap du Parti Socialiste

Lors de la semaine passée, grâce à « Bretagne Réunie » et à « Unis Pour Pluguffan », j’ai pu apprécier des interventions d’une grande pertinence et richesse, défendant la réunification de la Bretagne historique, sur les volets économiques, sociologiques, culturels et politiques.

Si la réforme territoriale a le mérite d’exister, son vrai problème demeure en son démarrage.. Une vraie cohérence territoriale, une réforme d’ampleur de nos bassins de vie, des transferts de compétences, et une pensée globale sur la refondation politique et administrative du pays auraient mérité un autre débat que des charcutages en règle sur un bout de table dans l’urgence un lundi soir..

Car même si cette réforme peut sembler éloignée des préoccupations quotidiennes de nos concitoyens, tout à chacun sera impacté par les mutations à venir car il s’agit précisément de la réorganisation de notre modèle structurel, qui pèsera lourdement sur notre avenir économique et social.

Face à cet imparfait départ, les brèches étaient à colmater et le pire à éviter. A ce titre, il serait injuste de ne pas souligner le rôle essentiel de Jean-Jacques Urvoas et de Jean-Yves Le Drian, à qui, entre autre l’on doit la non fusion, et une Bretagne à 9, grand corps mou aussi stérile qu’insensé.. Cet argument du moindre mal peut revêtir un caractère « inentendable » pour les tenants historiques d’une revendication séculaire, qui étaient en droit d’attendre de cette velléité politique l’opportunité tant attendue. Mais face à des résistances certes injustifiées, mais néanmoins majoritaires, le vrai combat consistait dans cette première étape à éviter le pire pour tendre vers le sens de l’histoire à travers le vœu d’une Bretagne à 5.

A cet égard, la perspective d’avenir réside évidemment dans l’évolution du futur droit d’option. Ce dernier s’il se veut cohérent doit à mon sens intégrer deux principes :

Par voie référendaire, 50.01 % de la région d’accueil qui se prononce pour l’arrivée d’un nouveau département.

Par voie référendaire, 50.01 % du département concerné qui se prononce pour l’arrivée dans une nouvelle région.

C’est évidemment la question de la réciprocité d’une volonté populaire commune qui doit s’imposer et permettra ainsi d’ouvrir de passionnants débats sur l’avenir de nos territoires et donc des femmes et des hommes qui le composent. Adieu les 3/5, qui sont aussi insensés que la règle des 3% de déficit, décidé sur un coin de table. Adieu la consultation de la région du département sortant, qui stérilise le droit d’option, et le vide de son sens originel.

La réforme permettra également une simplification pour nos concitoyens, avec par ailleurs une nécessaire refondation du statut de l’élu et de ses missions pour plus de justice sur la possibilité d’engagement, y compris pour les salariés du privé, avec des formations et surtout pour que chaque élu ne soit pas godillot mais porte un projet politique fort. On peut faire de la meilleure politique avec moins d’élus sans doute, ce qui évite également les luttes permanentes à des fins personnels et l’abandon des convictions.

Restera à définir l’organisation la plus efficace pour la prise de décisions dans le cadre de l’assemblée de Bretagne, et à ce titre, les intercommunalités d’abord permettent de garder une proximité avec le citoyen dans le cadre d’un service public du quotidien. Les pays ensuite semblent l’échelon administratif et politique adéquat en terme de prise de décisions pour les grandes orientations qui doivent présider au destin de l’assemblée de Bretagne.

Enfin, une thématique trop peu abordée, relative aux champs de compétence, notamment ceux qui sont aujourd’hui prises en charge par les conseils généraux. Certains d’entre eux sont suffisamment sensibles pour mériter toute notre attention et dont le service ne doit pas être sacrifié à l’autel d’une réforme qui caricaturerait des missions essentielles en gabegie, juste pour suivre l’air du temps simplificateur consistant à caricaturer la fonction publique.

Je souhaiterai tant que certain-e-s de mes frileux camarades assimilent enfin que ce débat n’est pas l’apanage des tribunitiens du repli identitaire, qui feraient se fissurer les murs de la République, mais qu’au contraire, la république, en ce 21 Septembre où l’on célèbre sa proclamation ne peut se nourrir que par la défense de la diversité de ces multiples territoires. Je suis un citoyen du monde, qui n’aspire qu’à la découverte de l’autre mais dès que je quitte La Bretagne, Le Finistère et Quimper, je suis en manque, c’est ainsi, c’est non choisi, mais constitutif, je crois de beaucoup de Bretons.

C’est un peu cet ensemble que j’irai défendre le 27 En Bretagne, à Nantes avec un seul étendard, celui du sens de l’histoire et ne serait-ce que pour avoir le plaisir d’entendre Clarisse Lavanant chanter « j’avais 5 enfants »

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