Identité et noms de communes ou de pays

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Pendant de longues années, il a fallu se battre et souvent redessiner les panneaux indicateurs à l’aide coltar pour obtenir une signalisation bilingue…  et aujourd’hui tout le monde trouve cela naturel, à commencer par les touristes ! …ou les hommes politiques et le monde de l’économie qui sont, maintenant, les premiers à vanter la vitalité que génère une identité forte

 

Hélas ! Nous risquons de devoir faire face à une autre source de lavage de cerveau : les regroupements de communes !

Qu’il soit utile de regrouper les services municipaux – voire d’avoir des instances municipales en relation avec un volume minimum de population –. Pourquoi pas !

 

Le problème est que cela induit la mise en cause de noms de commune. Et on sait à quel point nos noms de lieux sont chargés de sens, d’histoire, de sentiment d’appartenance, d’affectif.

 

Déjà, dans la foulée de la mise en place des pays « voynet » ou autres, on assiste à la banalisation d’appellations technocratiques et abscons. Alors qu’en Bretagne la notion de pays est forte, très emblématique d’une communauté humaine, chargée de sens à travers des marqueurs comme le costume traditionnel, les habitudes de fréquentation et d’entraide, la langue, la danse…  on voit maintenant fleurir , par exemple, le « pays COB » qui ne recouvre aucune réalité humaine. Il comprend des terroirs aussi bien vannetais que de Haute-Cornouaille et flirte avec le Trégor ! Comment peut-on appeler les habitants du pays « Cob » ? Des COBoys ???

L’administration française et les partis politiques nationaux nous avaient préalablement dotés de la région « PACA » dont l’appellation est reprise à l’envi par hommes politiques ou presse quotidienne ! Il y a eu récidive à l’occasion de la soi-disant réforme territoriale récente avec la création de régions improbables auxquelles il faut maintenant donner un nom, et comme on pouvait s’y attendre, le pire n’est jamais exclu.

Donc, maintenant, c’est au tour des communes.

Ainsi, l’arrêté préfectoral du 9 décembre 2015, annonce la création de la commune nouvelle de « Les Moulins » constituée des communes de Plémet et La Ferrière. Difficile de trouver une appellation plus inodore, sans saveur et sans couleur ! Du même niveau que les noms de rues des zones pavillonnaires déclinant les noms de fleurs, d’oiseaux ou de villes ! Heureusement cette décision a provoqué un tel tollé dans la population que la municipalité a dû faire marche arrière…

Certaines communes s’en sortent un peu moins mal que d’autres et conservent, malgré tout, un minimum de relation avec des appellations traditionnelles. Ainsi les communes actuelles de Collinée, Langourla, Le Gouray, Plessala, Saint-Gilles du Mené, Saint-Gouëno et Saint-Jacut du Mené sont réunies sous le nom de « Le Mené » qui a quand même le mérite de rappeler le nom du terroir concerné.

Dans un genre inverse mais tout aussi ahurissant, que penser de la décision des élus de St-Brice et St-Etienne-en-Coglès de fusionner sous le nom de Maen Roch… en plein pays gallo !

Quand le regroupement se limite à deux communes, cela peut se traduire par un nom composé, tel «Ploeuc-L’Hermitage» regroupant Ploeuc-sur-Lié et de L’Hermitage-Lorge.

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Quoi qu’il en soit, voilà encore un sujet incitant à la vigilance afin d’éviter que la Bretagne, à la toponymie souvent si significative, n’y perde un de ses divers marqueurs d’identité !

Le Comité de rédaction.