Nantes, capitale de la Bretagne pour plus d’économie

Publié dans Le monde économique, Best of

L’anomalie de la région dite des « Pays de la Loire » devient un problème pour la Loire-Atlantique et surtout pour Nantes. Dans ce département, 71 % des habitants se disent Bretons. Si Nantes a développé avec succès une image culturelle (les Folles journées, les éléphants et machines articulées de l’île…), elle peine aujourd’hui à avoir une image économique claire. Comme on l’a exprimé récemment, cette ville tour à tour « ligérienne », des Pays-de-la-Loire, de « l’Ouest » ou du « grand » Ouest peine désormais à avoir une image.  Elle a oublié la Bretagne, créé des liens vers Angers ou Le Mans plutôt que de renforcer et d’animer la péninsule bretonne (par exemple les investissements pour les T.E.R). Nantes a oublié sa génétique et les leviers passés de sa prospérité. Ces derniers résidaient dans l’ouverture internationale et le fait que la ville était la tête de pont des échanges bretons. Elle perd aujourd’hui dans ces échanges terriens puisque Rennes et Bordeaux ont bien négocié « leurs » TGV. A Nantes, le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes reste à l’inverse en jachère. La ville devient illisible, abat une carte culturelle certes utile mais qui dénie sa vocation commerçante. Elle commence à souffrir de cette indétermination (les planchers de négociations concernant l’immobilier des entreprises).

 

urbanisme

Or, il y a pour Nantes et ses milieux d’affaires une véritable place à prendre. Rennes est davantage une « ville d’Etat » (F. Damette) et pour son équipe municipale actuelle la Bretagne ne compte pas. Ils sont même disposés à la liquider en la fusionnant dans un « Grand Ouest » métropolitain et sans avenir. Rennes délaisse de plus en plus sa réalité. Nantes peut à l’inverse planter le drapeau. Cette ville de tradition commerçante et industrielle peut aujourd’hui abattre la carte bretonne pour renouer avec ce qui, par le passé a toujours assuré sa prospérité : elle était la tête du quai breton, elle regardait vers l’Atlantique et non vers Paris. Elle était tout simplement bretonne car c’est ainsi. Nantes : capitale économique de la Bretagne ! Le pouvoir cela se prend avec de fait de multiples structures et entreprises capables d’incrémenter le dispositif en marche, de rejoindre alors Nantes, de mettre en place une réelle stratégie à l’instar de Barcelone qui n’avance évidemment pas sans la Catalogne. Le président de Produit en Bretagne, lors de l’Assemblée Générale à La Baule, constatait déjà que 40 entreprises de Loire-Atlantique souscrivaient à ce réseau breton regroupant plus de 100 000 emplois. Les professionnels du tourisme ont aussi décidé de communiquer sur la Bretagne et non sur « l’indéfinissable » Pays de Loire ou de la Loire (http://www.construirelabretagne.org/public/la-loire-atlantique-en-bretagne-de-la-realite-aux-actes/)

Aujourd’hui, c’est à Nantes de prendre le pouvoir.

Le Comité de Rédaction.